La journée d’étude
“Penser et vivre les organisations de travail
dans les bibliothèques de l’ESR”
se tiendra à la BULAC le 10 décembre 2026.
Les bibliothèques universitaires connaissent depuis près de vingt ans de profondes transformations. Ces évolutions prennent place dans un contexte où les établissements sont eux aussi l’objet de profondes mutations (fusion, création d’établissements expérimentaux, COMP,…) qui ont très souvent conduit à penser différemment l’organisation des services. Afin de mieux appuyer la recherche, de mieux soutenir la pédagogie, de contribuer à l’amélioration de la vie étudiante et de campus, pour répondre aux appels à projets, pour faire face à la situation financière de plus en plus contrainte des établissements, ou encore pour tenir compte de l’évolution des métiers et des compétences, les bibliothèques se sont engagées dans de profonds changements structurels.
Les services documentaires sont loin d’avoir pris une voie unique d’organisation. La dimension des services et leur structuration sur leur territoire conditionnent bien sûr la manière dont ils sont organisés. Mais ces facteurs n’expliquent pas seuls les choix parfois très différents opérés par les bibliothèques. Certaines ont opté pour des changements organisationnels radicaux, alors que d’autres ont plutôt préféré faire évoluer progressivement leurs services. Qu’est-ce qui conduit les services documentaires à s’engager dans un type de transformation organisationnel plutôt qu’un autre ?
Parallèlement à ces choix, les bibliothèques ont aussi pu privilégier des modes d’organisation marqués par la création de services ou de missions transverses (appui à la recherche, formation, services publics,…) qui ont pu se substituer complètement aux services assurés au sein des bibliothèques. Quelles raisons poussent les services documentaires à faire varier, parfois de manière très large, le curseur de la transversalisation ou de services supports venus coiffer l’organisation propre à chaque bibliothèque ?
L’évolution de l’organisation des bibliothèques vise à répondre de manière plus efficace aux besoins de la communauté universitaire (recherche, formation et vie étudiante) et à mieux inscrire la documentation dans la politique et la stratégie de l’université. Cette mutation n’est pas propre aux structures de l’enseignement supérieur français. Les bibliothèques des collectivités territoriales sont ainsi engagées dans un processus identique et un nombre important de bibliothèques universitaires en Europe le sont également. Quelles lectures peut-on faire de ces diverses expériences ?
Organiser les services n’est pas neutre en termes de collectif de travail. Les transformations ont des conséquences non seulement sur les métiers et les compétences, mais aussi sur les postes de travail. A un modèle traditionnel hiérarchique assez simple se sont substitués des modes de relations professionnelles plus complexes, où un mode d’organisation hiérarchique et fonctionnel peuvent se croiser mais pas forcément, avec des incidences parfois très fortes sur les fiches de poste. La lisibilité des rapports professionnels et des missions n’est ainsi pas toujours simple. Cela invite à déplacer le prisme d’analyse des organisations sur les effets sur les collectifs de travail.
