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Données et signalement: relever, dans le web, le défi d’un accès équitable aux ressources documentaires

 Trois questions à Grégory Miura (directeur adjoint du SCD-Bordeaux 3) pilote de la commission Signalement et Système d’Information  

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1/ Vous animez la commission Signalement et Système d’information (SSI), comment s’est-elle constituée ?

 Cette commission est née de la fusion de l’AURA (Association du réseau des établissements utilisateurs de l’Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur) avec ADBU. Le paysage associatif français dans le domaine des bibliothèques et de la documentation est  très fragmenté. Ce constat fait, s’est exprimée la volonté de rassembler l’AURA et ADBU, associations très proches du fait de leur communauté d’adhérents. Par ailleurs les questions traitées par l’AURA avaient évolué du plan technique à un plan de plus en plus politique, où ses positions rejoignaient systématiquement celles dADBU, tout en s’exprimant par des canaux parallèles. Il y a avait uneune dispersion des énergies. Cette volonté de fédérer les acteurs et de donner plus de poids à nos propositions s’adosse en parallèle sur la refonte des statuts d’ADBU qui s’est progressivement élargie ces dernières années à l’ensemble des cadres en charge de la fonction documentaire dans les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Une fois ces étapes réglementaires franchies il est apparu indispensable de créer une cinquième commission pour prendre en charge les spécificités de la problématique du réseau auparavant fédéré par l’AURA,  et les relations avec notre principal opérateur dans le domaine du signalement et des données , l’ABES.

ADBU doit se saisir de ces questions pour une raison simple: contrairement aux idées répandues, le domaine de la documentation n’est ni accessoire, ni une affaire de spécialistes au sein de la politique numérique des établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Au-delà d’une simple logique de projets informatiques, il convient de réaffirmer la dimension stratégique du numérique et  le rôle premier de nos services et de nos équipes dans ce domaine. Toute la réflexion de la commission SSI s’adosse à cette conviction.

 2 / Quels sont les domaines traités par cette commission ?

Tout ce qui touche directement ou indirectement à la production de services d’accès et de médiation vers l’information scientifique, technique et culturelle en soutien de la pédagogie et de la recherche.  Parmi une demi-douzaine de sujets traités en 2012-2013,  j’identifierais trois thématiques structurantes :

  • La participation au groupe stratégique pour l’adoption du RDA (Ressources : Description et Accès ), nouveau code de catalogage visant à rénover l’organisation de l’information bibliographique et des métadonnées. L’objectif de cette réflexion est, dans un écosystème où le web est le média dominant, et tend à passer d’un web de documents à un web de données, de promouvoir la mise en œuvre d’un norme interopérable de catalogage adaptée à son environnement. Cela implique une attitude volontariste d’ouverture de nos données qui bouscule nos conceptions du service en ligne classique.  Mettre à disposition des données sans forcément en contrôler l’usage nécessite, par ailleurs, de réfléchir dès aujourd’hui à nos compétences et à l’organisation du travail au sein de nos équipes.

  • L’amélioration des outils de signalement des ressources électroniques. Aujourd’hui les catalogues de bibliothèque décrivent bien les ressources documentaires physiques, mais sont inadaptées pour le signalement efficace de, et donc l’accès à la documentation électronique. Laquelle est par ailleurs de plus en plus abondante : la mutualisation apparaît ainsi comme la seule voie possible, et dans le contexte actuel, se doit d’être internationale, en s’appuyant sur les initiatives similaires en cours  en Grande-Bretagne (KB+) et aux États-Unis (GoKB). Cet objectif fait en outre écho à l’expérimentation  déjà à l’œuvre au sein de  l’ABES à travers le projet de « hub de métadonnées ». Ce projet de « hub  » permet d’entrevoir une forme d’autonomie pour le réseau des établissements dans la gestion de masses de données hétérogènes. En intégrant notre d’action dans un modèle web ouvert nous renouons avec nos fondamentaux: favoriser un accès large et de qualité à l’information.

  • La mise à niveau de nos outils via le déploiement d’un système de gestion de bibliothèque mutualisé (SGBM). C’est la brique outil permettant la mise en œuvre opérationnelle des deux précédents objectifs. Une phase pilote de dialogue compétitif va prochainement s’ouvrir, impliquant des établissements pilotes, pour sélectionner la solution technique à retenir : . Nous devons être vigilants sur un certain nombre de points liés à la jeunesse relative de l’offre dite de « nouvelle génération ». Vigilants également sur l’importance de penser cette solution en terme d’usages, d’usagers et non seulement en termes d’outils (Cloud computing notamment) au risque de reconduire à l’identique l’existant et ses insuffisances. Vigilants enfin sur l’interopérabilité de cette solution avec les systèmes d’information locaux, sur la nécessaire modularité des fonctionnalités à rebours de notre culture de l’outil unique intégré, et sur la possibilité pour les acteurs commerciaux de répondre aux besoins divers du réseau.

 3/ Au delà de cette commission, quels sont les enjeux liés au signalement et aux systèmes d’information pour la documentation ? 

La fonction documentaire n’a jamais cessé de se renouveler. Nous devons poursuivre cet effort dans un contexte où les solutions liées au web de données sont désormais incontournables. Les missions relatives au signalement doivent s’organiser autour d’axes structurants tels que le primat assumé de la donnée sur l’application, le sens du travail en réseau à l’échelle de l’ESR et les nouveaux métiers et compétences à intégrer. A un niveau stratégique il s’agit d’intégrer la fonction documentaire des établissements de l’ESR dans l’écosystème dominant du web et du numérique, nouveaux horizons de la circulation des savoirs. Une question politique bien plus que technique, et que les établissements doivent impérativement investir .

 

PDF de la présentation de Grégory Miura au 43ème congrès d’ADBU (Le Havre 18-20 septembre 2013)