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ABES-Tour : retour sur la visite de la BULAC

En marge de chaque visite de l’ABES-Tour, deux collègues se sont livrés à un exercice d’interview minute. Elles s’expriment sur leurs relations, attentes et retours par rapport à ces visites.

Retrouvez les portraits croisés de Cécile Gobbo (BULAC) et Laure Jestaz (ABES), réalisés sur le vif dans le cadre de la visite de la BULAC.

Entretien avec Cécile Gobbo, BULAC

Qui êtes-vous ?

Je suis Cécile Gobbo, conservatrice, responsable du pôle Flux et données à la BULAC. J’occupe ces fonctions depuis la création du pôle en janvier 2016.

Le pôle Flux et données est constitué de deux équipes qui traitent chacune des problématiques de signalement et de flux, l’une s’occupe du signalement des périodiques et de la documentation électronique ainsi que des entrées de documents tous supports ; l’autre, l’équipe « Signalement et exposition des données », est en charge de la gestion des données produites par la bibliothèque. Elle coordonne nos actions dans le Sudoc et dans notre catalogue local Koha, veille à la cohérence et à la qualité des données produites et à leur diffusion, pilote les chantiers de numérisation et de production des métadonnées (via NumaHop), fait évoluer les outils métiers pour répondre aux besoins de nos collègues dans le cadre d’une politique active de développement et de promotion des outils libres (Koha/NumaHOP/Omeka/Coral).

Je coordonne, pilote et participe à l’orientation des interventions des équipes du pôle au niveau stratégique et opérationnel en lien étroit avec le réseau.

Comment collaborez-vous avec l’ABES et avec le réseau ?

L’action de la Bulac ne peut pas s’envisager en dehors de la coopération avec le réseau. Par la spécificité de nos collections – plus de 360 langues sont représentées dans nos fonds – nous jouons souvent un rôle de référent pour le catalogage en bi-écriture dans le Sudoc et nous avons contribué à la formalisation des consignes concernant la bi-écriture dans CALAMES. Notre coordinatrice Sudoc, Asyeh Ghafourian, est formatrice sur le sujet pour le réseau. Nous hébergeons également le centre SUDOC PS 28 pour les périodiques.

Nous sommes à la fois très à l’écoute des préconisations collectives issues du travail de l’Abes et prescripteur autant que de besoin. La force du travail en réseau, du collectif, nous semble capitale pour répondre aux enjeux contemporains de qualité et d’exposition des données et d’évolution des métiers et des pratiques.

La spécificité de nos collections nous donne également une conscience accrue des enjeux de la transition bibliographique, les questions liées aux autorités étant particulièrement importantes dans un contexte multilingue et multi-écriture. Nous travaillons à avancer sur le sujet dans le cadre de Mistara, un projet Collex Persée qui réunit plusieurs bibliothèques du réseau et qui permettra, entre autres, de tester les outils de corrections et d’alignement de données créés par les agences bibliographiques. Nous participons également au groupe de travail « concept, lieux, temps » dans le cadre de la transition bibliographique. Nous nous situons à la fois dans une relation de partenaire et de contributeur aux évolutions du réseau et des pratiques.

Qu’attendez-vous de cette visite ?

J’attends que cette visite permette un dialogue constructif entre les agents de la bibliothèque et les collègues de l’Abes, que chacun en reparte avec un regard un peu décentré de ses activité courantes et comprenant mieux le positionnement des uns et des autres. Nous trouvons intéressant de mettre en lumière les problématiques de catalogage des monographies, activité qui est encore très présente dans notre établissement. Nous avons également des questions concernant le signalement de la documentation électronique et plus généralement les outils de travail eux-mêmes. Nous nous interrogeons aussi sur les moyens de valoriser le travail collectif à travers le Sudoc côté usagers. Il sera intéressant de croiser les regards et les expériences : pour les collègues de la BULAC, c’est une occasion importante de montrer leurs manières de travailler et leur appropriation des outils proposés par l’Abes. Nous sommes en retour également très intéressés par les projets de l’Abes autour des autorités et par la perspective d’une évolution/transformation du Sudoc et des outils.

Qu’avez-vous appris à l’issue de cette journée ?

L’Abes s’est montrée très à l’écoute de nos questions et de nos interrogations et j’ai beaucoup apprécié de pouvoir aborder les différents aspects des relations entre nos établissements sans tabou, de manière ouverte et sympathique en confrontant le prescrit au réel des activités de la bibliothèque. La journée a été enrichissante et m’a permis de mieux cerner le fonctionnement interne de l’Abes et son actualité. Ce type de journée d’échanges sur le terrain me semble important pour le bon fonctionnement du réseau, merci à l’Abes et à la commission SSI de l’ADBU !

Entretien avec Laure Jestaz, ABES

Qui êtes-vous ?

Je suis Laure Jestaz, responsable du Service Monographies Archives et Autres Ressources au sein du Département des Métadonnées et des Réseaux de l’Abes (DMSR).

Ce service aux contours très larges traite des données produites dans le Sudoc et dans Calames dans des formats aussi différents que l’unimarc ou l’EAD, ou importées de réservoirs d’édition privées, d’applications publiques (comme STAR pour les thèses de l’Abes) ou d’institutions publiques comme les établissements en cours de déploiement ou la Bibliothèque nationale de France. L’accompagnement des réseaux, l’aide à la production et à l’amélioration des données, la mise à disposition d’outils répondant aux besoins des bibliothèques guident nos actions au quotidien avec le souci de les aider au mieux en ces temps d’évolution importante des catalogues. Le service est tout particulièrement investi dans le programme de la Transition bibliographique, et l’Abes-Tour est à mon sens un excellent moyen d’apprécier les attentes ou les craintes les plus immédiates des collègues sur le sujet tout en répondant à leurs interrogations. Ces échanges m’aident à comprendre comment orienter mon travail quotidien et à fixer les priorités de travail du service. Comme membre du CfU (Comité français UNIMARC) et de plusieurs groupes de travail nationaux sur la normalisation et la formation, prendre ce pouls du réseau me semble crucial pour évaluer finement les besoins d’accompagnement au changement induit par cette révolution normative et par ce bouleversement radical dans l’analyse et la compréhension des données dont je m’occupe au quotidien.

Comment collaborez-vous avec le réseau ?

J’encadre les évolutions de format en lien avec la Transition bibliographique, en aidant à leur diffusion au sein des applications de l’Agence et à l’extérieur auprès des réseaux. Très concrètement, cela signifie œuvrer au quotidien à la diffusion des nouvelles zones ou nouvelles pratiques de signalement en collaboration étroite avec la Bibliothèque nationale de France et le groupe de travail Systèmes et Données (dont le sous-groupe Dialogue avec les éditeurs permet d’améliorer les échanges avec les fournisseurs de logiciels), contribuer à la rédaction des spécifications techniques et à la rédaction des documents de consignes pour les catalogueurs (Guide méthodologique en particulier), travailler à la formation des membres du réseau (par le biais de J.e cours ou de réponses aux listes), aider à modifier les applications de l’Abes lorsqu’elles sont impactées.

La communication avec les réseaux s’effectue beaucoup par le biais des listes de diffusion et par le guichet d’assistance qui permettent de recueillir les questions ou les soucis rencontrés par les catalogueurs. C’est pour moi une priorité que d’apporter une réponse claire et argumentée, en gardant en tête que l’Abes doit à chaque fois trouver une solution qui convienne à tous les établissements, quelles qu’en soient la taille et l’organisation. En parler dans ces échanges lors de l’Abes-Tour aide à mieux faire comprendre la position de l’Agence et la difficulté d’arbitrage qui peut survenir.

Qu’attendez-vous de cette visite ?

La BULAC est un établissement très spécifique, avec des attentes fortes en termes de signalement puisqu’elle est quotidiennement confrontée aux problèmes posés par la bi-écriture et la translittération. Nous savons que nos outils peuvent être améliorés, une enquête a récemment été lancée sur les usages et pratiques du catalogage en multi-écritures, et la BULAC a eu des réponses parfois très à l’opposé d’autres établissements soumis aux mêmes contraintes. L’Abes Tour va nous permettre de mieux comprendre les points de blocage ou de vigilance, de mieux mesurer également les failles de nos outils et la limite de nos compétences en interne sur ces questions très pointues. La lucidité sur nos propres moyens d’action, la nécessaire remise en question parfois de nos a priori et de nos croyances sur les pratiques professionnelles des collègues sont à mon sens déterminantes si l’on veut aider les catalogueurs et les accompagner dans le sens le plus constructif pour tous. C’est ce que permettent ces visites au coeur des établissements.

Qu’avez-vous appris à l’issue de cette journée ?

Que nos outils de translittération dans WinIBW, au contraire d’être une aide, sont pour certaines écritures (dont l’arabe) sources d’importantes erreurs et qu’il vaut mieux les retirer de notre application ! Et que nous avons décidément des écrans d’affichage bien trop petits dans CALAMES ! De manière plus large, je reste admirative des compétences professionnelles éprouvées dans le signalement de ces documents complexes et de l’engagement des collègues rencontrés (investissement dans la formation du réseau sur ces questions de bi-écriture, investissement dans le projet NumaHOP dont le résultat est impressionnant avec une chaîne de numérisation très élaborée sur laquelle travaillent des partenaires très divers, souci du libre et de partage des outils)… Les échanges ont été très riches, très humains et il est très constructif de discuter avec les collègues en direct, dans l’environnement qui est le leur, en toute simplicité et en abordant les difficultés du quotidien. Merci à la BULAC pour la qualité de l’accueil et de nos discussions, denses et fructueuses.