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Editorial

Pour les bibliothèques universitaires, c’est le temps des incertitudes.

Incertitudes sur l’évolution du paysage administratif ministériel : comment et avec quels outils administratifs de pilotage l’État va-t-il définir la politique nationale de la documentation et de l’information scientifique ?

Incertitudes sur les modalités de l’application de la loi LRU dans les établissements.

Incertitudes sur les effets de la globalisation des moyens et de la masse salariale….

La logique de la loi LRU est consubstantielle à celle qui a présidé en 1985 à la création des SCD : renforcement du pilotage et de la mutualisation, à rebours des tentations centripètes et de la balkanisation. La LRU peut ainsi apparaître sans optimisme excessif comme une occasion historique de parachever une évolution dans laquelle les SCD sont engagés depuis plus de 20 ans.

Mais il faut aussi compter avec la faible culture bibliothéconomique de nos universités. Cette exception française-là est préoccupante à l’ère de la société de la connaissance et de l’information et dans le contexte de concentration économique actuelle de l’édition scientifique et technique. Les universités doivent s’emparer résolument de la question documentaire et élaborer avec l’aide des professionnels une réflexion stratégique qui fait aujourd’hui trop souvent défaut et pour laquelle le récent rapport de l’Inspection générale des bibliothèques sur l’articulation entre politique scientifique et politique documentaire fournit des pistes essentielles (Lien vers ce rapport ). Car pendant ce temps, à l’étranger, si tout n’est pas toujours aussi rose qu’on le croit, on réfléchit et on expérimente.

Rien n’est donc perdu, mais rien n’est acquis non plus. Loin de là.

D’où l’absolue obligation pour le CA de l’ADBU de tenir rapidement informés les adhérents de ses initiatives, de répercuter rapidement les informations qui lui parviennent, d’aller « aux nouvelles » auprès de collègues qui peuvent être les mieux renseignés. Car soyons clairs : le fait que le CA se mobilise – avec ses capacités et ses limites – ne suffit bien sûr pas et les membres de l’association ne doivent pas s’en remettre aux seules actions que nous avons mission de mener en leur nom. C’est bien une mobilisation et une vigilance de tous les professionnels qui sont nécessaires. Le CA est ainsi très reconnaissant à tous les collègues qui prennent de leur temps pour transmettre des renseignements et des avis et, si nécessaire, pour donner l’alerte sur tel ou tel sujet. Il est aussi sensible à ceux des collègues qui saluent les efforts que nous faisons pourcommuniquer mieux et davantage.

A partir de la multitude des sujets qui nous sollicitent, le CA élu en septembre dernier pour les années 2008-2010 a décidé d’organiser son travail autour de quatre thèmes principaux
- l’application de la loi LRU (recherche de convergences avec la CPU, positionnement des SCD au sein des universités) ; 
- la politique nationale de l’information scientifique et technique ; 
- l’évaluation de la fonction documentaire au sein des universités, qui doit apporter des arguments nécessaires aux négociations nationales et locales et trouver sa traduction dans les fameux classements internationaux, notamment d’origine européenne ; 
- l’interassociation : comment surmonter les effets de l’éparpillement associatif ?

Cette courte liste ne signifie bien sûr pas que les autres sujets échapperont aux préoccupations du CA, notamment ceux qui ont trait à la formation et à l’international.

Un des thèmes précités, celui qui concerne la politique nationale de l’IST, sera au cœur de la journée d’étude de notre congrès 2009. Celui-ci se tiendra à Reims, du 17 au 19 septembre. Notre collègue Carine Elbekri-Dinoird, forte d’une expérience récente – je veux parler du congrès de l’ABF – a accepté de se charger de nous accueillir. Nous la remercions déjà tous très chaleureusement.

Ce congrès, nous le souhaitons aussi vivant et riche que l’a été celui de Pau ; il aura à débattre de certaines de nos orientations et à actualiser le socle de nos 10 propositions. Dans cette perspective et pour enrichir sa réflexion, le CA a décidé d’organiser un séminaire interne à l’ADBU les 8 et 9 janvier prochains ; il se tiendra à la Bibliothèque Sainte-Barbe grâce à l’hospitalité de François Michaud – merci beaucoup à lui ! On se penchera notamment sur les thèmes suivants : la politique de l’association, son assise et ses statuts, la communication, l’interassociation, la question documentaire dans l’université, l’enquête sur les moyens, l’évaluation et les statistiques, les BIU, les personnels, les statuts et la filière des bibliothèques, les fonctions de directeur, la formation initiale et continue, l’actualisation des dix propositions… Plusieurs adhérents ont d’ores et déjà été pressentis, d’autres le seront très vite, mais toutes les bonnes volontés sont les bienvenues (me faire connaître son souhait éventuel de participer par courriel ). Le principal est de venir avec au moins une idée et une proposition qu’on accepte de mettre en débat.

Au-delà de l’austérité de nos échanges actuels, je souhaite à tous les membres de l’ADBU de bonnes et joyeuses fêtes de fin d’année !

Le 9 décembre 2008

Albert Poirot, Président de l’ADBU