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Politiques de site de l’IST : où en est-on ?

Land Art - Thematic Oppositions CCBY Sébastien Bertrand via Flickr

Land Art – Thematic Oppositions CCBY Sébastien Bertrand via Flickr

Congrès 2016 de l’ADBU : propos introductif à la matinée politique du jeudi 6 octobre 2016

 

Quels leviers actionner aujourd’hui pour passer à la vitesse supérieure, et cesser de voir se creuser avec nos collègues étrangers des écarts de plus en plus préoccupants, que ce soit en termes d’open access, de text and data mining, de gestion des données de la recherche, ou de maîtrise de l’impact scientométrique ?

 

Trois ans après le congrès ADBU du Havre et la loi relative à l’enseignement supérieur et à la recherche du 22 juillet 2013, dite loi Fioraso, où en sont les politiques de site quant à l’information scientifique et technique (IST) ?

Si un consensus semble lentement s’établir (s’être établi ?) autour de l’objectif poursuivi (la maîtrise, par la recherche, de l’ensemble de sa production scientifique), les réalisations concrètes apparaissent encore, au mieux, ajournées. La question de la maîtrise des coûts, tant du côté des abonnements que des article processing charges (APC) continue de souffrir d’une absence de consolidation des dépenses IST des universités, écoles et organismes à l’échelle d’un même site.

Le défi bibliométrique tarde lui aussi à être relevé avec toute la vigueur nécessaire, au risque de voir demain certaines multinationales de l’édition devenir, à travers des outils de cartographie scientifique constituant autant de boîtes noires, de véritables agences de notation de la recherche, maîtresses des indicateurs permettant de piloter les stratégies scientifiques. Enfin, alors que progressent de nouveaux acteurs privés sur le front des services aux chercheurs, comme Academia ou ResearchGate, l’articulation peine à être trouvée entre initiatives nationales plus ou moins probantes et accompagnement, forcément de proximité, des chercheurs.

Ces enjeux, structurants et stratégiques, ne seraient-ils pas perçus en France avec toute l’acuité nécessaire ? Serait-ce  par défaut de soutien financier, que ce soit dans le cadre des contrats (l’Alsace faisant figure de singulière exception) ou des financements des investissements d’avenir ? Serait-ce que les particularités, voire les particularismes, de l’organisation française de la recherche agiraient comme autant de freins, ou imposeraient la mise en œuvre d’un écosystème national spécifique ? Peut-être la jeunesse des ComUE ne leur a-t-elle pas encore permis d’instruire ces questions de fond, peut-être leur mode de gouvernance est-il insuffisamment armée politiquement pour répondre au défi posé par l’IST aux politiques de site, celui d’une articulation claire et efficace de la verticalité inhérente aux organismes de recherche avec l’horizontalité à l’œuvre dans les logiques territoriales ?

Quels leviers actionner aujourd’hui pour passer à la vitesse supérieure, et cesser de voir se creuser avec nos collègues étrangers des écarts de plus en plus préoccupants, que ce soit en termes d’open access, de text and data mining, de gestion des données de la recherche, ou de maîtrise de l’impact scientométrique ?

Telles sont les questions que se propose d’explorer cette matinée politique, après une introduction générale de situation et un regard de l’étranger.