Politique documentaire et SCD


Le thème de la journée d’étude du prochain Congrès de l’ADBU s’est imposé de lui-même en cette période de bilans et d’attentes pour le monde universitaire comme pour celui de la documentation. Bilan sur plusieurs années de fuite en avant vers la documentation électronique, et attentes quant aux structures de coopération qui voient le jour à différents niveaux. Politique documentaire, donc, qui sera déclinée aussi bien d’un point de vue topographique (niveau de l’établissement, du PRES, des UNR, national, voire international) que sous l’angle des différents éléments constitutifs du thème : acquisitions et développement des collections, élaboration de chartes et cartes documentaires, publics, conservation partagée…

Quelques réflexions pour construire la journée d’étude du 37e Congrès de l’ADBU autour de la question : une politique documentaire est-elle encore concevable aujourd’hui ?

Acquisitions

Pour la majorité des BU, le pouvoir d’achat est en baisse : il faut donc faire des choix. La politique documentaire n’en devrait qu’être plus affinée mais semble déjà condamnée puisque
-   d’une part les acquisitions de documentation électronique sont de plus en plus imposées et formatées du fait de l’offre éditoriale et des modèles économiques (bouquets, fusion des éditeurs de ressources électroniques, négociations à grande échelle dans le cadre de groupements d’achat),
-   d’autre part les acquisitions de monographies papier sont devenues la variable d’ajustement des budgets.

Les bibliothèques ont de moins en moins le choix de leurs acquisitions, de plus en plus une offre similaire. Une étude statistique de l’évolution des dépenses monographies / périodiques / ressources électroniques depuis 10 ans, ainsi que l’évolution des dépenses par étudiant, par niveau et par discipline est indispensable pour mesurer l’impact des choix documentaires faits ou subis par les SCD.

Quel sera l’impact des nouvelles formes de publication pédagogique et de recherche (UNT, OAI) sur les politiques de développement des collections ? L’open access ouvre la voie à de nouvelles interrogations : la politique des accès se construit-elle sur des critères documentaires ou économiques ? Comment construit-on une collection aujourd’hui ? Quelle est la place des SCD dans la société de l’information ?

Carte documentaire

En réponse à la restriction des choix, il faudrait s’appuyer sur des cartes documentaires. Pour les bibliothèques, en réaction à cette évolution se fait jour le besoin de réaffirmer la nécessité d’une spécificité d’établissement et d’en développer les outils. Où en est la carte documentaire nationale ? Sur quoi l’appuie-t-on ? les cadist et/ou les pôles associés ? Y a-t-il des champs non couverts ?

La question de la carte documentaire se pose à trois niveaux :
-   au niveau de l’université : quelle coordination entre BU, bibliothèques associées et intégrées, bibliothèques de composantes ?
-   politique de site et politique régionale : y a-t-il une carte documentaire au niveau des UNR, des PRES ?
-   une carte documentaire nationale ? sur quoi l’appuyer ? Quels rôles pour les CADIST, les Pôles associés ?

Dans un paysage protéiforme se dessine une multitude de combinaisons possibles : quels résultats pour les usagers ? quelle lisibilité pour les SCD ? quelle coordination pour les tutelles ?

Publics

Sous-jacente à la problématique des acquisitions se pose la question des publics : à qui profite le ré-équilibrage (dés-équilibrage) des collections ? L’offre est-elle en rapport avec la structure du public étudiant ? Existe-t-il encore une offre documentaire pour l’étudiant de Licence (qui acquitte les mêmes droits de bibliothèque que les étudiants en master et doctorat) ?

Qui dit carte documentaire et spécificité dit communication des documents présents ailleurs. Quels services offre-t-on au public dans le contexte actuel de multiplication des droits (de prêt, de PEB, de copie et de reproduction des documents électroniques, d’auteur) ?

Conservation

Quel est le rôle des CADIST ? du CTLes ? Qu’en est-il des champs non couverts par les bibliothèques porteuses de labels ? Qu’en est-il de la conservation partagée des périodiques papier ? Qui doit conserver le dernier exemplaire ? Quelle concertation nationale pour l’archivage des documents électroniques ? Quelles sont les conséquences de la modification du dépôt légal ? Catalogue collectif sudoc ou CCfr : quelle pratique pour le dernier exemplaire ?